Super Mario dans tous ses états

Mario Cipollini est une légende du sprint, mais à l’instar de Roger Hassenforder, il est également l’homme de toutes les fantaisies. Grand et bel homme, les cheveux gominés en arrière, Super Mario faisait craquer les dames avec ces allures de star de cinéma. Mario Cipollini ne donne pas l’impression d’être un forçat de la route, ni un forcené du cyclisme, il semble tout droit sorti d’un blockbuster Américain. Ce showman maniait parfaitement l’art de la comédie et de la mise en scène. Ces succès étaient à chaque fois acquis de la même manière. Parfaitement emmené par les hommes de son train rouge de la Saeco, que ce soient Francesco Secchiari, Eros Poli, Giuseppe Calcaterra, Gian Matteo Fagnini, Giovanni Lombardi et bien sûr son très fidèles Mario Scirea (9 ans ensemble), Cipollini alignait les victoires comme autant de conquêtes féminines qui tombaient à ses bras. Cipollini était en effet considéré comme le coureur aux succès faciles. On n’aimait guère ses frasques et ses fantaisies dans ce milieu trop conservateur qu’est le cyclisme. Super Mario était totalement anticonformiste, en contradiction avec son sport. Il qualifiait le monde du cyclisme comme un milieu de « recyclage », Cipollini voulait faire avancer le cyclisme à sa manière.

« Le voleur d’étapes »

Super Mario n’était pas un coureur très courageux. Il a abandonné 22 des 27 Grands Tours dont il a pris le départ. Il a trop rarement mis les pieds sur les Grandes Classiques alors qu’on avait entrevu chez lui des qualités intéressantes. En 2002, il terminait le Tour des Flandres à la neuvième position. Une semaine après, il refusait de prendre le départ de Paris-Roubaix. Entre temps, il remportait Gand-Wevelgem avec panache pour une fois. Sous les ébahis de ses adversaires, il avait attaqué à la manière d’un poursuiteur pour combler son retard sur le premier groupe de tête pour gagner cette semi-classique pour une troisième fois. Sa renonciation à la reine des classiques avait confirmé sa réputation de « frileux ». Cipollini était en effet considéré comme ce coureur aux succès faciles. On n’aimait guère ses frasques et ses fantaisies dans ce milieu trop conservateur. Super Mario avait remporté douze succès d’étapes, tous en première semaine, et porter quelques jours le maillot jaune en 1993 et 1997. En 1999, il réalisait l’exploit d’égaler Charles Pélissier en alignant quatre succès d’étapes d’affilée. Cette même année, il se mettait en tête de terminer l’épreuve pour la première fois. Vêtu d’un costume d’empereur Romain en symbole de Jules César, il prend le départ avec un maillot Saeco blanc de la première grande étape Alpestre. Malheureusement, il ne parviendra pas à remplir son objectif à cause d’une chute dans la descente du col de Montgenèvre.

Ses abandons à répétition auront eu raison de la patience des organisateurs qui ne l’inviteront plus de l’épreuve pendant quatre années de suite. Ses retraits lui ont valu l’image d’un coureur paresseux et fêtard. Super Mario ne voyait pas l’utilité de finir des Grands Tours éprouvant. Ses sponsors, son équipe ne l’ont jamais forcé à atteindre Paris, mais juste à gagner des étapes. Comme il l’expliquait, ses abandons à répétition lui ont permis de ne pas entamer son capital physique et de durer dans le temps. Ainsi c’est à 35 ans qu’il réalisait la meilleure saison de sa carrière alors que la grande majorité des coureurs déclinaient.

Frasques et fantaisies

Comme nous l’avons vu précédemment, il avait refusé en 2002 de courir sur Paris-Roubaix malgré sa position de numéro un à la Coupe du Monde. En riposte, ASO n’avait pas sélectionné, ni même repêché sa formation après l’exclusion de la Saeco, malgré son excellent début de saison. Cipo est ulcéré : « J’accomplis ma meilleure saison, ce n’est pas possible que je ne sois pas sur la plus grande course au monde. » Il qualifie cette épreuve comme une dictature et prend sa première des trois retraites sportives au mois de juillet 2002. Ce faux départ annoncé en plein Tour de France a le don d’attirer les feux des projecteurs sur sa personne et résonne comme une petite vengeance au prestige de la Grande Boucle. Il confirme que sa décision a un caractère irrévocable, dégoûté par le manque de reconnaissance des organisateurs du Tour et de ses sponsors qui n’ont pas tenu leurs engagements financiers. Pourtant, il reviendra sur sa décision quelques semaines plus tard après avoir lancé un ultimatum à son sélectionneur Franco Ballerini début septembre en vue du Mondial à Zolder. Ce dernier accepte de faire de Super Mario son grand leader sur cette épreuve. Cipollini sort de sa retraite et revient sur la Vuelta. Il remporte trois victoires d’étapes avant de s’éclipser. Sur ses cinq participations au Tour d’Espagne, le beau Mario a souvent fait parler de lui. En 1994, il est violemment propulsé dans les balustrades par son propre équipier, Adriano Baffi. Anonyme en 1997, il revient en 2000. Il est exclu de l’épreuve pour avoir cogné Francesco Cerezo à l’issue d’un sprint houleux. En 2003, son équipe attribue une wild-card à l’équipe du champion du monde à l’unique condition que son leader se présente au départ. Cipollini prend le départ mais se retire 24h après le départ…

Sur le Tour d’Italie, Il Magnifico a eu néanmoins plus de courage, finissant à cinq reprises l’épreuve sur quatorze participations. Vêtu de son maillot arc-en-ciel, il avait établi un record de 42 victoires d’étapes en 2003, détrônant ainsi le légendaire Alfredo Binda. Cipo alignait chaque année les succès à l’exception de l’édition 2004. Complètement dépassé par la puissance d’Alessandro Petacchi, le Roi Lion s’en prenait ouvertement à ses équipiers, les traitants d’incapables. Ses tenues vestimentaires et sa fantaisie auront également marqué le Tour d’Italie. En 2000, il revêtait un maillot en l’honneur du Vatican, lieu du départ de l’épreuve. En 2001, il s’affichait avec un maillot représentant un corps humain sans chair. L’année suivante il prend le départ avec la combinaison du Tigre.

Tour d’Espagne : cinq participations, cinq abandons, trois victoires d’étapes.

Tour de France : huit participations, huit abandons, douze victoires d’étapes. Porteur du maillot jaune deux jours en 1993 et trois jours en 1997.

Tour d’Italie : quatorze participations, neuf abandons, quarante deux victoires d’étapes, record absolu.

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3 commentaires pour Super Mario dans tous ses états

  1. CADIC dit :

    LE SEIGNEUR DU SPRINT COURONNE A ZOLDER ! MARIO aurait pût et dût courrir plus assidument les classiques car il avait le potentiel pour en gagner davantage , je pense !
    QUEL spectacle avec le train rouge et je le placerai numéro 1 du sprint sur le plat mais pas en bosse !

  2. nicolas dit :

    tu dois pas savoir ce qu’est de faire du vélo encore moins à ce niveau, loser !

  3. Tietie007 dit :

    Superbe sprinter !

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