Didi Thurau, le gâchis

Vint ans avant Jan Ullrich, il y avait eu un autre Allemand en jaune sur la Grande Boucle. Un autre Teuton qui avait également suscité une passion populaire impressionnante lors de son séjour en France avec le maillot jaune. Pendant près de deux semaines, l’ouest-Allemand avait été en tête de l’épreuve, les comparaisons les plus glorieuses avaient été alors tirées à l’époque. A 22 ans, l’avenir lui semblait promis. On parlait même de lui comme étant le Nouveau Eddy Merckx dans les médias internationaux. Il est vrai que pour sa première participation dans un Grand Tour en 1976, à seulement 21 ans, il réussissait à se classer 4éme au classement général, remportant pas moins de cinq étapes et le classement par points. En début de saison 1977, il l’emportait sur le Tour de l’Andalousie à la manière d’un Freddy Maertens. Thurau remportait au cours de la semaine huit succès d’étapes. Sur le Tour de France, il remportait cinq étapes, devançant notamment Eddy Merckx dans « l’épreuve de vérité » autour de Bordeaux au terme d’un somptueux duel à distance. Certains sont élogieux envers le jeune Allemand, mais celui-ci craque une fois que la haute montagne est atteinte. Il doit se contenter de la cinquième place au classement général après un imbroglio burlesque avec son équipier Hennie Kuiper. Ce dernier aurait probablement remporté le Tour de France, sans la présence encombrante de l’Allemand dans son équipe. Le patron de l’équipe, Peter Post avait en effet demandé à l’ensemble de ses coureurs de soutenir Thurau dans les Alpes. Kuiper était donc prisonnier du maillot jaune. Le temps de réagir face à Bernard Thévénet, il était déjà trop tard.

Par ses performances de hauts calibres, il s’attire la sympathie du chancelier Allemand Adenauer. A la fin de la saison, il terminait aussi 2éme des championnats du monde au Venezuela derrière Moser. Battu au sprint, il se murmure que le succès de l’Italien ait été acheté. Vrai ou pas, toute la suite de la carrière de Thurau aura été dicté par l’argent, les vélodromes et les contrats toujours plus lucratifs. Progressivement, il délaisse la route pour la piste. Malgré un retour furtif en 1979, on le voit tout de même remporter Liège-Bastogne-Liège preuve de son grand talent. Quelques mois à Valkenburg, il est devancé au sprint par son équipier Jan Raas au sprint. Plusieurs doutes ont été émis lors de cette course. Jan Raas avait été constamment poussé dans toutes les petites montées de ces championnats. Très favorisé, il n’écopait d’aucune sanction. Dans le final, l’Allemand fut extrêmement coopératif avec Raas, lui laissant quasiment le titre de champion du monde.

Dans les années 80, il se fera impliqué à de multiples reprises dans des affaires de dopage. Il dissipera tout son talent inné sur les pistes. Une fois sa carrière terminée, à l’instar de Francesco Moser, il mène l’officieux « mouvement » faisant état que « le cyclisme propre est une illusion ». Il est cependant fort contredit par … son propre fils, Bjorn !

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