Tour de France 1977

Certainement pas le plus beau des Tours de France, cette édition est ce qu’on l’on appelle un « Tour de transition » mais il restera gravé dans les mémoires, que ce soit sur le plan sportif et extra-sportif. Côté sport, Dietrich Thurau prend le maillot jaune dès le prologue pour sa première participation. Dès le deuxième jour de course, les Pyrénées sont au programme avec notamment le Tourmalet, mais le jeune Allemand résiste. Il confirmera son talent lors du chrono de Bordeaux en écrasant la concurrence et un certain Eddy Merckx. On se demande alors jusqu’où peut aller le jeune Allemand ? Peut-il gagner le Tour ? Pour le directeur sportif de sa formation Peter Post, la réponse est oui. Thurau aborde les Alpes avec une bonne avance, mais affiche rapidement ses limites dans l’étape d’Avoriaz remporté par Zoetemelk. Thévenet est en jaune.

L’étape avec pour arrivée l’Alpe d’Huez s’annonce décisive. Thurau est 2éme au général à 11″, son équipier Kuiper 4éme à 49″ alors que le grimpeur Van Impe est intercalé. C’est justement le grimpeur Belge et tenant du titre qui est le premier à ouvrir les hostilités dans le Glandon. Derrière, Peter Post, patron de Ti-Raleigh de Thurau et Kuiper, décide de jouer la carte Thurau. Il estime que la puissance de l’Allemand dans l’effort solitaire devrait lui permettre de gagner le Tour.  Kuiper ne peut donc pas bouger ni attaquer, tactique d’équipe. Mais dans l’interminable Glandon, l’Allemand craque, les plans de l’équipe se trouvent chamboulés. Kuiper devient le leader de l’équipe trop tard. A l’avant, Van Impe craque dans l’ultime ascension, il est renversé par une moto à 3 km du but. Ses illusions s’envolent, victime de nouveaux ennuis mécaniques. Dans le même temps, Hennie Kuiper est en train de bâtir la légende de l’Alpe d’Huez qu’on surnommera « la Montée des Hollandais ». L’ancien champion du monde lâche Thévenet mais il lui manque 8 petites secondes pour reprendre le maillot jaune. Une tactique de course plus judicieuse et offensive aurait certainement permis au Néerlandais de prendre le maillot jaune.

Le Tour va donc se jouer sur le dernier chrono de Dijon. Mais Kuiper n’est pas assez puissant pour battre le Français et perd le Tour pour 48 secondes. A la fin de l’épreuve, les affaires de dopage arrivent. La veille de l’arrivée, on apprend le contrôle positif de Joop Zoetemelk à l’Alpe d’Huez. Il se murmure que Merckx, Kuiper et Thevenet ont été contrôlé positif, alors qu’Agostinho, Menendez, Pozo et Ocana sont également soupçonnés de dopage. Le Tour est dans le flou et finalement personne ne sera sanctionné.

Thévenet gagne donc son deuxième Tour de France, récompensant sa carrière et sa progression constante. Vainqueur au sommet de La Mongie en 1970, Thévenet avait progressivement gravi les échelons pour devenir le premier homme à vaincre Eddy Merckx sur le Tour de France en 1975. Le Cannibale subit une grosse défaillance dans Pra-Loup, qui ouvre la porte au grimpeur Français qui récidive le lendemain) Briançon. Plusieurs mois après, Thevenet avoue s’être dopé à la cortisone au cours de sa carrière. La loi de l’omerta tombe sur lui et il mettra rapidement fin à sa carrière dans le plus sombre anonymat.

Son dauphin Hennie Kuiper est un champion trop sous-estimé. Grand bagarreur, plein de panache, les grandes lignes de son palmarès ne font pas apparaitre de nombreux succès éclatants si ce n’est les Championnats du Monde en 1975 et les Jeux Olympiques l’année suivante, avant un long vide. Il renoue avec le succès cinq années après en enlevant le Tour de Lombardie et le Tour des Flandres. Le Néerlandais s’imposait également sur Paris-Roubaix 1983 pour sa onzième tentatives et Milan-San Remo en 1985 à l’âge de 36 ans. Souvent présent dans le final des grandes épreuves, il a souvent manqué d’une pointe de vitesse suffisante pour s’emparer de la première place.

Classement général :
1. Bernard THEVENET (Fra) en 115h38’30 »
2. Hennie Kuiper (Hol) à 48″
3. Lucien Van Impe (Bel) à 3’32 »
4. Francisco Galdos (Esp) à 7’45 »
5. Dietrich Thurau (All) à 12’24 »
6. Eddy Merckx (Bel) à 12’38 »
7. Michel Laurent (Fra) à 17’42 »
8. Joop Zoetemelk (Hol) à 19’22 »
9. Raymond Delisle (Fra) à 21’32 »
10. Alain Meslet (Fra) à 27’31 »
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