Liège-Bastogne-Liège 1999

« Frank Vandenbroucke aurait dû devenir le plus grand depuis Eddy Merckx ». Cette phrase exprime toute l’impression de gâchis qu’a laissé l’enfant terrible du cyclisme Belge. La carrière d’un prodige est marquée par des hauts et des bas, atteignant plus ou moins des proportions immenses. Liège-Bastogne-Liège 1999 est pour VDB, ce qu’est l’étape des Deux-Alpes à Marco Pantani. Son triomphe le plus marquant, le plus prestigieux, mélangeant la beauté du geste et de la démesure. Son démarrage sur la côte de Saint Nicolas, sur le 53×16 et sa vitesse de jambes déroutante est le moment le plus intense de sa carrière, comme l’ont été démarrage de Pantani dans le Galibier ou le regard en arrière d’Armstrong envers Jan Ullrich dans l’Alpe d’Huez en 2001.

« Je voulais une victoire magistrale » clamait-il. VDB a donc méticuleusement préparé son affaire. Les dernières semaines, il avait reconnu à trois reprises le final de l’épreuve et avait revu à plusieurs reprises les vidéos de la fin de course. VDB avait la condition physique de sa vie, il a terminé 2éme du Tour des Flandres en chutant deux fois dans le final. Il voulait donc le matériel le plus performant qu’il soit, « une formule 1 » comme il le disait. Son vélo Giant pesait moins de 7kg, il était d’une rigidité incroyable mais tellement fragile, son utilisation ne pouvait pas dépasser les 500km. Ses pneus étaient également très fragiles, facilement crevables mais offrait un rendement exceptionnel. Un matériel qu’il avait spécialement acheté pour l’occasion.

Michele Bartoli, son grand rival, ne voyait pas d’un bon œil l’émergence du Belge. Les deux chasseurs de classiques étaient dans l’équipe Mapei en 1998. Le départ de VDB n’avait pas été apprécié par tout le monde dans la grande formation Italienne, qui entendait bien couper l’élan du Belge. Quand Bartoli démarre la première fois dans la Redoute, VDB réagit de suite et le lâche avec une facilité déconcertante. Mais il ne prolonge pas son effort, car il voulait un succès de la manière dont il l’a décrit.

La veille, il a promis qu’il gagnerait à toute l’équipe, il a gagné. VDB avait une confiance en lui absolu, ceci a souvent été jugé pour de la prétention. VDB avait prévu son attaque à un endroit précis à 700m du sommet de la côte de Saint-Nicolas. VDB avait lâché à Francis Van Londersele. « Regarde, c’est là que je vais attaquer dimanche et pas ailleurs. » Il l’a fait, de la même manière qu’il l’avait annoncé. La prophétie s’est réalisée sous nos yeux. Les dirigeants Cofidis restent sans voix. A 6km du but, Boogerd attaque. « Je l’ai laissé prendre 10 à 15 mètres exprès et je suis revenu sur lui seul pour l’attaquer là où je l’avais dit soit à 5,3km de l’arrivée. Rien ne pouvait plus m’arrêter ». Rien ne semblait pouvoir l’arrêter et pourtant…

 

Les citations ont été tirées de Vélo Magazine d’Avril 2009.

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