Ottavio Bottecchia, le maçon du Frioul

Ottavio Bottecchia a une histoire hors du commun. Avant le premier grand conflit mondial, il exerçait le métier de maçon avant d’être enrôler pour la guerre. Fait prisonnier, il parvenait à s’échapper à vélo. Rentré chez lui, un de ses amis le convainc à passer professionnel. Le coureur du Frioul au départ peu intéressé par la proposition, accepte alors qu’il a 28 ans, nous sommes en 1922. Mais ses premières épreuves n’apportent pas les résultats espérés et il s’apprête à arrêter sa carrière, quand soudain peu avant le Tour de France 1923, la marque Automoto l’embauche pour la Grande Boucle pour des raisons commerciales. Présenté comme un simple figurant, Bottecchia allait être un des acteurs de ce Tour de France, remporté par son leader Henri Pélissier. Maillot jaune à Cherbourg en début de Tour, l’Italien n’avait pas réussi à passer l’obstacle des Alpes, mais le tempétueux vainqueur du Tour ne tarissait pas d’éloges pour son poulain: « Bottecchia a des allures de paysan effarouché, mais à vélo quelle allure, chapeau ! Tout en lui est fait pour la course, il est mince et sec, avec des bras et des jambes qui n’en finissent pas. Personne ne lui a appris quoi que ce soit depuis ces débuts mais il est bien posé sur sa machine. C’est la classe. Il a certes 29 ans mais il est musculairement tout neuf « .

L’année suivante, il est libéré par le plus fameux des abandons du sport cycliste, orchestré par les frères Pélissier. Le maçon du Frioul maîtrise le Tour de France de bout en bout, portant le maillot du premier au dernier jour, malgré les attaques du Luxembourgeois Nicolas Frantz, un nouveau venu. En 1925, il se murmure que sa préparation avait été capricieuse au contraire de son grand rival Lucien Buysse qui avait parfaitement préparé son affaire. Malgré cela, le Transalpin remportait son second Tour de France, son talent inné en montagne avait fait la différence. Peu connu en Italie avant ses succès, il accédait par la suite à une immense notoriété. Sevré d’éloges, il n’eut plus l’envie de se battre et de souffrir, plus jamais nous ne retrouverons le grand Bottecchia. Le maçon du Frioul mourut le 15 juin 1927 dans des circonstances obscures. Il est retrouvé inconscient sur ses routes d’entrainement. Plusieurs thèses sont évoquées mais aucune ne put être vérifiée. On disait d’abord qu’il eut été assassiné pour ses idées antifascistes ou bien par une simple insolation. Mais plusieurs décennies plus tard, un mystérieux paysan avouait avoir tué à coup de bâtons dans la nuque ce brave champion Italien l’ayant surpris en train de voler des grappes de raisins…

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