Cas VDB : léchage, lâchage, lynchage

Le 13 octobre 2009, Frank Vandenbroucke mourrait dans une chambre d’hôtel au Sénégal à l’âge de 34 ans d’une embolie pulmonaire alors qu’il était totalement ivre. Cette triste nouvelle rapellait étrangement le départ prématuré de Marco Pantani, le Pirate, mort à 34 ans, dans une chambre d’hôtel à Rimini d’un œdème cérébral et pulmonaire, causé par une overdose de cocaïne. La comparaison ne s’arrête pas là entre ces deux champions. Le Belge était un coureur à part. D’un charisme exceptionnel et d’un égo surdimensionné, il ne laissait personne indifférent. Sa gloire aura été aussi éphémère que fantastique. A l’image de Pantani, VDB avait un style pur, à la fois hargneux et romanesque. En un instant, il transformait le cyclisme en un art, par des exploits dont ils sont les seuls à avoir le secret. Comme le grimpeur Italien, VDB cultivait les liaisons dangereuses qui allaient le mener dans une déchéance irréversible, parfaitement menée par la presse. Le journaliste Français Jean-François Kahn appelait justement « la règle des trois L adoptée par les médias envers VDB, Pantani et autres vedettes : léchage, lâchage et lynchage.

Frank Vandenbroucke est issu d’une grande famille de cyclistes. Son père Jean-Jacques et son oncle Jean-Luc ont été coureurs cycliste de haut niveau par le passé. VDB débute tard le cyclisme à 15 ans et proclame aussitôt « Je serai le meilleur du monde ». Le gamin est aussi doué que prétentieux. Il gagne 8 courses lors de sa première année, 15 l’année suivante, 20 l’année d’après. Il est plusieurs fois champions de Belgique, sur la course en ligne, le contre la montre, la piste, la poursuite, la course aux points…

Précoce, il entre chez les professionnels à l’âge de 19 ans au sein de l’équipe Lotto. Après 2 années infructueuses, l’enfant terrible décide de brusquement rompre son contrat pour s’engager dans la grande équipe Mapei, menée par Johan Museeuw, le seul coureur qu’il ait pu admirer. VDB remporte son premier succès important à 21 ans sur Paris-Bruxelles. Une multitude de succès s’enchaineront jusqu’à ce jour d’avril 1999. Il remporte Liège-Bastogne-Liège d’une classe et d’une aisance rarement égalé. Encore dans nos mémoires. C’est la pleine période de léchage.

En effet, cette victoire marque le début de la fin. Quelques semaines plus tard, il est interpellé par la brigade des stupéfiants Française, on l’accuse d’être un client de Bernard Sainz, le Docteur Mabuse. VDB est suspendu par son équipe. C’est le début de la période de lâchage. C’est la mort littéral du Belge. Cet épisode est l’équivalent du drame de « Madonna Di Campiglio » qui s’est abattu sur Pantani. Certes, Vandenbroucke parviendra encore à gagner quelques succès. Mais il ne retrouvera plus jamais l’état de grâce dont il disposait sur la Doyenne en 1999.

Les prochaines années ne seront qu’une suite de malheureux événements. Entre les blessures, la drogue, le dopage et les problèmes sentimentaux, VDB ne parvenait plus à trouver un équilibre. Les médias s’emparaient de ces histoires extra sportives pour vendre leurs papiers. Les organisateurs de certaines épreuves et l’UCI l’interdiront de prendre le départ de nombreuses épreuves. C’est la période de lynchage. Ainsi en 9 ans, l’enfant terrible du cyclisme Belge avait changé 11 fois d’équipe et tentait de se suicider à 3 reprises. Après sa mort, la situation avait rapidement changé. Les journalistes s’étaient mis de nouveau en mode léchage, profitant de sa mort pour en quelque sorte le réhabiliter. C’est fou comme la mort peut faire changer les opinions…

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