La santé insolente de Rik Van Steenbergen

Phénomène de précocité et longévité, il est probablement le champion à la santé la plus éclatante et solide que le cyclisme n’ait jamais connu. Champion de Belgique pour sa première apparition professionnelle, alors qu’il était tout juste majeur. Il triomphait encore à l’âge de 42 ans sur piste où il était une véritable vedette. Rik I avait une santé insolente et savait tout faire, sur les vélodromes il était à la fois un excellent pistard sur les épreuves de poursuite, d’omnium, de vitesse, à l’Américaine ou encore dans les Six-Jours. Attiré par l’argent, Van Steenbergen multipliait les contrats lucratifs sur la piste, en délaissant la route. Il courait sans interruption pour faire fluctuer son compte bancaire. Il était également trop gentil, incapable de refuser la moindre sollicitation. Pour illustrer son attirance pour l’argent, il s’était murmuré que lors du championnat du monde 1946 qu’il avait favorisé la victoire du Suisse Hans Knech en échange d’un contrat juteux sur la piste de Zurich. Il avait en effet permis le retour du coureur local sur son compatriote Marcel Kint. Rik I aura tout de même le temps de racheter sa bévue. Trois ans plus tard, il remporte à Copenhague un grand championnat du monde devant Kubler et Coppi. Sept années plus tard, il triomphait de nouveau dans la capitale Danoise devant son successeur annoncé Rik Van Looy. En 1957, Van Steenbergen remportait son ultime maillot arc-en-ciel. Mais son plus grand exploit, il l’a certainement réalisé sur Paris-Roubaix en 1952 après un duel homérique face à Coppi. Le Campionissimo avait démarré une vingtaine de fois, mais Rik I était parvenu au bout de la souffrance, en se mettant minable à recoller dans la roue de l’Italien, pour au final le devancer au sprint. Van Steenbergen fut l’un des seuls coureurs à pouvoir rivaliser avec le grand Coppi. Rik I avait réussi à déjouer les plans du Campionissimo sur la Flèche Wallonne en 1949 bien aidé par les voitures suiveuses. Il remportait cette classique une nouvelle fois en 1958 battant son rival Van Looy. Van Steenbergen aurait également pu remporter un Grand Tour, il avait terminé second d’un Giro, mais le Flamand n’a jamais voulu se consacrer à cette discipline trop difficile.  Avec 15 succès majeurs dans les courses d’un jour et 25 victoires d’étapes dans les Grands Tours, Van Steenbergen s’est forgé un palmarès admirable. Mais en se concentrant totalement sur la route, son palmarès aurait probablement doublé. A la fin de sa carrière, il comptait plus de 1.300 succès sur piste et plus de 300 sur route.

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