Joop Zoetemelk, l’éternel second

Joop Zoetemelk était surnommé le Hollandais de France, il avait terminé à six reprises à la seconde place du Tour de France, un record. Tombé à la mauvaise époque, il avait d’abord été victime du règne d’Eddy Merckx avant de subir l’avènement de Bernard Hinault. Finalement, le Néerlandais l’emportait de façon méritée en 1980, récompensant l’ensemble de sa carrière et de son abnégation. Il avait participé seize fois au Tour de France, pour le finir seize fois. Adversaire de Merckx, ses relations avec ce dernier ou plutôt ses supporters ont été très tendues au départ. Tout commençait lors d’un passage aux Pays-Bas pendant le Tour 1969, Eddy Merckx et son coéquipier Stevens étaient sifflés par les supporters Néerlandais. Bien qu’il n’ait rien à voir à cette affaire, Joop Zoetemelk était devenu la tête de Turc d’une partie du public Belge à cause de sa réputation attentiste. Le Cannibale mettait de l’huile sur le feu quelques jours plus tard : « Ce Zoetemelk ne relaie jamais, il exploite le travail des autres ». Il s’est toujours défendu de cette attitude involontaire en s’estimant heureux d’avoir pu suivre Eddy Merckx puis Bernard Hinault. Ce n’est qu’en 1980, qu’il remportait enfin le Tour de France. Après un début Grande Boucle sous la pluie et le sale temps, Hinault vainqueur du Giro impressionnait et écrasait ses adversaires dans les pavés du Nord. Mais le Blaireau devait abandonner à cause d’un genou souffrant avant les premières grandes hostilités. Le Hollandais prenait donc le maillot jaune et il assurait sa succession jusqu’au bout sans être pris à défaut, bien qu’il chuta à Pra-Loup à 3km de l’arrivée en percutant la roue de son équipier. Cependant, malgré les multiples attaques de son adversaire De Muynck, le Néerlandais ne craquait pas et remportait le succès de la persévérance.

Connu pour ses Tours de France, il avait tout de même été Champion Olympique en 1968 à Mexico dans les 100km de contre la montre par équipes. Sa carrière avait connu un drame terrible six ans plus tard sur le Midi Libre. Victime d’une chute, on diagnostiquait une commotion cérébrale. Mais il finira par se relancer comme on a pu s’en apercevoir à l’image de son compatriote Gerrie Knetemann. Souvent placé, rarement gagnant, ses succès sont rares. Il remportait cependant sa plus belle classique en 1976 sur la Flèche Wallonne, en terrain ennemi, malgré une erreur de parcours. Neuf ans plus tard, au championnat du Monde de Montello en 1985, Joop Zoetemelk arrivait sans ambition particulière. Sans le vouloir, en prenant un relais à peine plus appuyé que d’habitude, il se détachait du groupe de tête et devenait champion du monde à près de 40 ans, surprenant tous ses adversaires trop attentistes. Exemple de longévité, Joop Zoetemelk remportait l’Amstel Gold Race en 1987 à plus de 40 ans.

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Un commentaire pour Joop Zoetemelk, l’éternel second

  1. Vincent dit :

    Zoetemelk a un très beau palmarès. Bien plus qu’un second.

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