L’avénement de Merckx

Les premières saisons professionnelles pour un nouveau prodige sont souvent difficiles. Le cyclisme est un milieu conservateur, constitué d’orgueilleux champions peu enclins à laisser leur trône aux jeunes loups. Eddy Merckx, déjà champion du monde chez les amateurs, jouissait déjà d’une réputation glorieuse dès son entrée chez les professionnels. Rik Van Looy, l’Empereur d’Herentals, voyait d’un mauvais œil la venue de son cadet. L’ancien roi des classiques était alors sur le déclin et empêchait la progression du futur Cannibale. Très vite après quelques mois, Eddy Merckx quittait la formation Solo-Superia pour rejoindre l’équipe Peugeot où il aurait plus de libertés de manœuvres. Il remporte ainsi son premier Milan-San Remo facile vainqueur sur la Via Roma au sprint devant les véloces Italiens Durante et Dancelli. Cette même année, il se met en tête de devenir champion du monde, mais diminué par une fièvre, il n’a pas les ressources de contester la victoire du colosse Allemand Rudi Altig. Mais Merckx est un jeune qui monte. En Italie, on le sait mieux qu’ailleurs après sa victoire dans Milan-San Remo. Ainsi sur le final du Tour de Lombardie, le jeune Belge est tassé en force à la corde sur le Vélodrome de Milan par Vittorio Adorni. Pendant ce temps, Felice Gimondi se détachait du groupe au sprint et parvenait à l’emporter de quelques longueurs sur Eddy Merckx, le plus rapide ce jour-là.

1967 : Les débuts sur un Grand Tour

Ce même Gimondi se montrera particulièrement rusé sur le Tour des Flandres quelques mois plus tard. En compagnie de son acolyte Zandegu, le Bergamasque réussit à tromper la vigilance de Merckx. L’Italien prenait ainsi sa revanche sur le Belge, qui venait de nouveau de s’imposer sur Milan-San Remo après avoir mystifié Gianni Motta. Sur Liège-Bastogne-Liège, il réalisait un numéro de force exceptionnel, il avait seulement fallu la présence de Walter Godefroot pour le ramener à la raison lors du sprint final. Très performant sur les classiques, Merckx s’aligne sur sa première grande course par étapes de trois semaines, le Giro. Frappé par une grippe, il ne peut terminer que 9éme mais a démontré l’étendue de ses qualités en montagne. Les journalistes Italiens le disaient trop gros pour monter les cols Transalpins. Mais le jeune Bruxellois les contredisait quelques jours plus tard en s’imposant sur les pentes du Blockhaus. Absent sur le Tour de France, il avait préféré se préserver pour les championnats du monde qu’il envisageait sérieusement de l’emporter. Il réussissait son pari en devançant le redoutable finisseur Néerlandais, Jan Janssen sur ses propres terres. A la fin de la saison, Eddy Merckx réclame du renfort au sein de l’équipe Peugeot, demandant la venue de trois ou quatre coureurs Belges. Mais face à ce refus, le champion du monde trouvait refuge dans la fameuse équipe Italienne Faema construit sur les fondements du cyclisme Italien, à savoir l’existence d’un seul et unique leader entouré d’une équipe vouée à sa cause.

1968 : plus de doutes, c’est un Grand

« Faites Attention Eddy Merckx Arrive », ce sont les cinq mots pour retranscrire les cinq lettres de l’équipe Faema. Malgré ses échecs dans les classiques relatifs – il remportait tout de même Paris-Roubaix, sa domination devient de plus en plus oppressante et les coalitions anti Merckx allaient être de plus en plus nombreuses. Sur les courses par étapes, il avait compris que le danger devrait venir d’Italie avec comme principaux rivaux, Felice Gimondi et Gianni Motta. Sans pitié, Eddy Merckx est venu les corriger de manière impitoyable sur le modeste Tour de Sardaigne s’imposant avec plus six minutes d’avance sur l’étape reine de l’épreuve. Ce fut seulement un test en guise d’avertissement. Le Cannibale se présentait sur le Tour d’Italie avec un excellent état de forme. Lors de la douzième étape disputée sous la neige en direction des Trois Cimes de Lavaredo, Eddy Merckx va faire taire tous les sceptiques et écraser l’opposition. Il repoussait Gianni Motta à quatre minutes, Felice Gimondi à près de sept minutes. Eddy Merckx remporte le premier Grand Tour de sa carrière. Plus de doutes, Eddy Merckx sera le futur champion des années à venir. En 1969, il dominait le cyclisme comme aucun autre champion ne l’avait déjà fait.

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