Wim Van Est, le « Miraculé de l’Aubisque »

Il peut parfois suffire d’un seul événement pour bousculer la vie d’un homme. Pour son premier Tour de France en 1951, Win Van Est devenait le premier coureur Néerlandais à porter le maillot jaune de la Grande Boucle après une longue échappée fleuve sans conséquence pour le classement général final. Ironie du destin, ce n’est pas cette remarquable performance que l’on retiendra en premier chez ce solide Batave. Le cyclisme est en effet un sport parsemé de drames et de désillusions et le lendemain dans la première grande étape Pyrénéenne de ce Tour de France, son maillot de leader était en danger. Le Néerlandais n’avait guère le physique d’un grimpeur et il lui fallait prendre de nombreux risques pour parvenir à conserver son maillot jaune au cours du premier périple Pyrénéen. Lâché dans le col de l’Aubisque, le brave Van Est descendait à toute allure la descente, il lance un défi à la mort pour conserver son beau paletot jaune, quand soudain son pneu crevait et le précipitait dans une chute dans un ravin de près de 70 mètres ! Fort heureusement, on le retrouve certes en larmes car son rêve était brisé mais encore en vie tout en bas de ce ravin. Il voulait repartir mais par sécurité, on l’emmenait à l’hôpital. Après seulement quelques heures, le temps de quelques examens, il pouvait retrouver la « liberté » pratiquement indemne. C’est ainsi que s’est construite la légende du « Miraculé de l’Aubisque ».

Pontiac, la célèbre marque de montre, qui sponsorisait l’équipe du Néerlandais profitait de l’incident pour établir sa campagne publicitaire avec comme vedette Win Van Est qui racontait son expérience en décalé « J’ai fait une chute de soixante-dix mètres, mon cœur s’est arrêté de battre, mais ma Pontiac marchait toujours… » ! Pour commémorer cet événement, un monument a été inauguré le 17 juillet 2001, cinquante ans après l’heureux drame. Ancien contrebandier reconverti au cyclisme professionnel, Win Van Est fut aussi connu comme étant le premier Néerlandais vainqueur d’étape et porteur du maillot rose sur le Tour d’Italie. Mais son prestige sportif s’est établi sur l’épreuve titanesque Bordeaux-Paris qui convenait parfaitement à ses qualités d’infatigable athlète, robuste et gaillard. Il remportait cette épreuve à trois reprises (1950, 1952 et 1961) mais également un Tour des Flandres en 1963 au cours de ses seize années dans les pelotons professionnels.

Retrouvez ici un instant d’éternité

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