Jalabert, chouchou des Français

Après de longues années passées au sein de l’équipe ONCE (1992-2000), Jalabert décide de changer d’air après de nombreux désaccords avec son directeur sportif, Manolo Saiz. Durant toutes ces années, malgré ses différents succès, le Mazamétain n’a jamais atteint une grande popularité, contrairement à Richard Virenque, malgré sa position de numéro un mondial durant quatre saisons. Mais pour ses deux dernières années au sein de l’équipe CSC Tiscali, Jalabert donne un nouvel élan à sa carrière, une nouvelle ère, celle de la reconquête

Impopulaire en France

Jalabert a longtemps souffert d’une certaine impopularité dans son propre pays. Il faut dire que ses différents échecs dans la Grande Boucle et ses différends avec les hautes instances Françaises ont été pour beaucoup à sa faible popularité. En 1998, après l’affaire Festina, le Mazamétain s’était plaint de la sévérité des contrôles antidopage et avaient quitté la course, traitant les organisateurs du Tour de France de « néo-nazis ». Sa position obscure sur le dopage allait de nouveau détériorer ses relations avec la fédération française de cyclisme cette fois en refusant de se soumettre au suivi longitudinal.  Il boycotte ainsi le championnat de France et le Tour de France en 1999. A l’inverse, il jouissait d’une notoriété remarquable en Espagne avec ses différents succès prestigieux sur les terres Ibériques, Jalabert était devenu un cycliste extrêmement apprécié dans ce pays. Son double succès sur la Classica San Sebastian lors des deux dernières saisons de sa carrière (2001-2002) allait de nouveau démontrer que sa popularité était intacte de l’autre côté des Pyrénées malgré son départ de la ONCE.

Jalabert renait

Conscient que son image n’est pas des plus belles dans son propre pays, Jalabert aborde le Tour de France avec des ambitions nouvelles et sans pression. En l’espace de deux saisons, le Mazamétain va pleinement rattraper le temps perdu au cours de ces dernières années. A travers ses prises de risques audacieuses, sa modestie et son panache, le public va s’identifier à ce nouveau champion. Cette opération « reconquête » va débuter lors de la 4éme étape du Tour de France 2001. Piégé lors du contrôle ravitaillement par son ancienne formation ONCE, Jalabert au terme d’une longue bagarre parvient à recoller in extremis au premier peloton. A peine revenu, celui que l’on surnomme le « Panda » part à l’attaque en compagnie de l’infatigable Ludo Diercksens. Le duo conserve sept secondes d’avance à l’arrive, où Jalabert l’emporte au terme d’un combat épique.

L’ancien numéro un mondial double la mise pour un nouveau succès un 14 juillet, six ans après son exploit retentissant à Mende. Dans l’étape reine du massif Vosgiens, le Mazamétain franchit tous les cols en tête et parvient à faire la différence dans la descente du col de Calvaire. Ce second succès le propulse dans une bonne position pour le classement de la montagne, qui n’était pourtant pas son objectif majeur de ce Tour. Malgré tout, il profitera de cette occasion pour ramener son premier maillot à pois, six ans après son dernier maillot vert, une performance peu commune. Ce maillot de meilleur grimpeur, il le gagnera sur un coup de force lors de l’étape des Pyrénées vers Saint Lary Soulan après un long raid solitaire. Il franchit le col de Mente, le Portillon, Peyresourde et Val Louron en tête et s’adjuge le maillot à pois rouge.

Jalabert annonce sa retraite

Surfant sur une vague de popularité dans l’hexagone sans précédent, Jalabert entame sa saison sur les routes Françaises de très belle manière en s’imposant sur l’exigeant Tour du Haut Var, avant d’échouer à la troisième place de Paris-Nice, battu par un certain Alexandre Vinokourov, malgré un succès funambulisme à Saint-Etienne. Après un début de saison prometteur, il souffre d’une infection virale après Milan-San Remo. Son mois d’avril sera catastrophique et couronné de trois chutes. Discret après des premiers mois prometteurs, Laurent Jalabert revient en force sur le Tour de France. Il prend la deuxième place du prologue, seulement battu par Lance Armstrong, sa bête noire sur cette édition.

Sans objectif pour le classement général, Laurent Jalabert tente d’aborder ce Tour avec le même état d’esprit que l’an dernier, mais quelque chose le ronge. Le Mazamétain va se libérer lors de la journée de repos, en annonçant son retrait des pelotons à la fin de la saison. Cette annonce subite et inattendue va le métamorphoser. Jalabert devient alors le grand animateur des Pyrénées, mais par deux fois, Lance Armstrong et sa garde bleue viennent le priver de deux succès prestigieux. Malgré tout, le Panda a quasiment acquis définitivement son maillot à pois sur ces deux étapes et les messages de soutien et d’encouragement ne cessent d’affluer envers le champion Français.

La tournée des Critériums se passe ensuite dans un climat émouvant, entre nostalgie et tristesse. Jamais Laurent Jalabert n’a été adulé, il est bien dommage qu’un champion de cette trempe n’ait du attendre que sa fin de carrière pour atteindre ce niveau de reconnaissance et de popularité. Cette tournée d’adieu se continue en Italie, il remporte la Coppa Agostoni après une longue échappée avec un ancien rival, Gianni Faresin. En Espagne, le Mazamétain s’impose de nouveau lors de la Clasica San Sebastian. A l’image de Bernard Hinault, Laurent Jalabert est parti du Tour de France au faite de sa gloire, comme le Breton, il se retire dans l’anonymat lors des championnats du monde peu sélectif de Zolder.

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