Le coup de force de Jalabert

Le vendredi 16 juillet 2010, le peloton du Tour de France s’est rendu à Mende pour la quatrième étape de la Grande Boucle. Longue de 172 km, les coureurs sont allés en découdre au terme de la Côte de la Croix-Neuve, rebaptisée Côte Laurent Jalabert, en hommage à l’ancien champion Français. Le Mazamétain réalisa en effet un des plus grands exploits Tricolores sur la Grande Boucle et assurément la performance la plus retentissante de sa carrière au cours du Tour de France, un certain 14 juillet 1995.

L’étape menant de Saint-Etienne à Mende, était censée être une simple journée de transition située entre le massif Alpin et les Pyrénées. Laurent Jalabert a réalisé un très bon début de Tour en goûtant au maillot jaune mais il est rapidement remis à la réalité face à Miguel Indurain, quadruple vainqueur du Tour. Avant de prendre le départ de l’étape, Jaja compte déjà neuf minutes de retard. Mais en ce jour de fête nationale, le Panda a à cœur de refaire une partie de son retard. A peine après avoir quitter Saint-Etienne, son équipe Once multiplie les offensives. La formation Banesto du maillot jaune semble fébrile dans la côte de Saint-Maurice-en-Gourgois. Indurain n’a plus que trois équipiers à ses côtés, il est alors contraint de laisser partir Laurent Jalabert avec l’Italien Daria Bottero. Le duo ne créait pas l’écart, le Transalpin pense alors à stopper son effort, mais Jaja lui répond plein de détermination « Je fonce », dans un raid qui parait interminable. Derrière, les équipiers du Français continuent d’harceler le maillot jaune. Tactique payante. Melchor Mauri puis Neil Stephens, deux équipiers de Jalabert, reviennent, en compagnie des Italiens Massimo Podenzana et Andrea Peron.

L’écart passe alors les 10 minutes sous l’impulsion des six hommes. Le Français, le maillot vert du Tour, est alors maillot jaune virtuel. Mais curieusement, plus personne ne vient en aide aux trois coureurs de la Once dans l’échappée. Derrière, Banesto se restructure et bénéficie du soutien d’autres formations pour faire baisser l’écart important. Le maillot jaune vacille.

A l’avant de la course, Neil Stephens réalise un travail extraordinaire sur les portions planes, l’Australien n’a plus de réserve au pied de la montée du Causse. C’est alors que l’ancien vainqueur de la Vuelta, Melchor Mauri, poursuit l’effort de son équipier. L’Espagnol emmène son leader sur la voie royale au pied de la dernière difficulté, effrayante, avec des passages à 13%. Jalabert attaque dès les premières rampes. Ses adversaires pourtant plus frais ne verront bientôt plus la silhouette du champion Français. Totalement survolté, il s’en va cueillir sa deuxième victoire d’étape sur le Tour un 14 juillet, devant un public hystérique, en liesse. Dans un Tour de France sous l’emprise de Miguel Indurain, marqué par les exploits de Marco Pantani et Alex Zulle, Laurent Jalabert restaure la fierté Française le jour de la fête nationale.

Derrière, son coéquipier Alex Zülle tente de mettre la touche finale au chef d’œuvre des Once en attaquant Miguel Indurain dès les premières rampes de la montée finale. Mais l’Espagnol a encore de la réserve et parvient à reprendre puis lâcher le Suisse. Alex Zülle a laissé 17 secondes en chemin. La seule satisfaction pour le roi Miguel au cours d’une journée sans fin.

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