La carrière de sprinteur de Jalabert

La carrière de Laurent Jalabert peut se composer en trois parties distinctes. La première correspond à sa période de sprinteurs, pendant laquelle, il bataillait pour le maillot vert. Le seconde qui l’a vu atteindre le titre de numéro un mondial pendant quatre saisons. Enfin la dernière a été le rattrapage du temps perdu avec son public Français. Ce dernier l’a tant délaissé de manière injuste durant ses années Espagnoles. A travers la conquête de ses deux maillots à pois sur la Grande Boucle, Jaja a su restaurer sa popularité auprès de suiveurs exigeants.

Passé professionnel en 1989 au sein de l’équipe Toshiba, le Mazamétain trainait une réputation flatteuse. Il avait remporté le championnat de France militaire à l’âge de 20 ans. Dès sa première saison, Jaja enchainait les succès mineurs et les places d’honneur s’affirmant comme un coureur complet. Celui que l’on surnomme le « Panda » effectuait en 1990 ses premiers pas dans les Grands Tours, en Espagne. Sa carrière de « chasseur de points » allait commencer. Second de ce classement, il échouait de nouveau en 1993, malgré deux victoires d’étapes face au redoutable Djamoldine Abdoujaparov. Vainqueur de sept étapes en 1994, il ne laissait aucune chance à ses rivaux pour l’obtention de ce maillot bleu. Sur le Tour de France, Jalabert n’avait pas eu besoin d’une longue période d’apprentissage pour s’affirmer et gagner. Dès sa deuxième participation, il empochait le maillot vert de la régularité. Battu de nouveau par l’Express de Tachkent en 1991 dans la lutte pour ce fameux Graal, il obtenait la consécration l’année suivante, devançant le redoutable Belge Johan Museuw au cours d’un duel passionnant qui atteindra son paroxysme entre Dole et Saint Gervais. Le Français avait été déclassé pour un sprint jugé irrégulier par les commissaires.

Sprinteur, funambule, Jalabert en était bien un. Mais pas un authentique sprinteur, comme l’était Mario Cipollini, Djamoldine Abdoujaparov ou encore Adriano Baffi. Le Mazamétain savait aussi s’affirmer dans d’autres parcours, plus accidenté. Second sur la Classica San Sebastian, second à Zurich, il avait également pu réaliser une grande performance sur le Tour des Flandres 1991 pour sa première participation. Echappée en compagnie de Rolf Sorensen, le Panda victime de son inexpérience, subit une fringale dans le final, laissant échapper tous ses espoirs de podium. Paradoxalement, c’est lors de ses premières années, que le Français avait été en mesure de se battre pour le maillot arc-en-ciel dans la course en ligne. Sa meilleure performance a un goût amer, deuxième à Benidorm en 1992, il est seulement battu au terme d’un sprint d’anthologie par Gianni Bugno. Une fois encore, le manque de vécu avait frappé. Jaja reconnait avoir emmené un braquet trop faible pour pouvoir déborder son adversaire au terme de la dernière ligne droite. Mieux encore que ses remarquables qualités sur les différentes courses d’un  jour, en 1994, Jalabert avait remporté sur la Vuelta la difficile étape de montagne jugée au sommet de Lagos de Covadonga à l’issue d’une longue échappée. Après ce succès retentissant dans un décor idyllique, la presse Espagnole titrait symboliquement : « Un sprinteur au paradis des grimpeurs ».

Alors qu’il est dans une période faste, sa carrière de routier-sprinteur allait prendre fin sur le Tour de France 1994 à Armentières après une chute spectaculaire en compagnie de Wilfried Nelissen. Grièvement blessé, il est hospitalisé et ne reprend la compétition qu’en octobre, trois mois plus tard. Mais son véritable come-back, le Mazamétain l’effectuera lors de la saison 1995. Un nouveau Jalabert arrive…

A suivre

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