L’honneur des champions d’Olivier Dazat

Pour son troisième ouvrage sur le cyclisme, Olivier Dazat nous livre de nouveau son amour pour ce sport, ces champions et ces exploits. Sorti en 2000, ce livre intervient deux ans après la fameuse affaire Festina qui a secoué le monde de la petite-reine, qui a totalement changé les mentalités et la conception du cyclisme chez le Grand Public. L’auteur dénonce ce changement radical et défend ses champions à une époque où le crédo des journalistes actuels est d’enfoncer les cyclistes et chercher le scandale. Olivier Dazat défend le cyclisme et soutient qu’une culture dopage existe dans le cyclisme comme il le décrit dans sa première partie de livre intitulé « Éloge de l’impureté » : « Les coureurs cyclistes sont désormais aussi menacés que les Indiens d’Amazonie. Un champion n’est pas un citoyen. Il se dope, et alors ? Se doper, chez eux, n’est pas tricher. Le haut niveau est dommageable par nature. Van Gogh a perdu une oreille, Artaud la raison, Balzac et Proust leur santé. Dans un pacte faustien assumé, le champion troque de sa jeunesse contre l’exercice mortifère d’un désir de gloire irrépressible. Le peloton sait reconnaître ses tricheurs. Ils ne sont pas ceux désignés par les forces publiques. « 

Par la suite, l’auteur décrit plusieurs histoires et anecdotes intéressants sur l’histoire du cyclisme, en particulier à propos de Paris-Roubaix, épreuve dont Olivier Dazat loue un véritable mythe. Des exploits de Lapébie, aux malheurs de Maréchal, en passant par le duel Coppi – Van Steenbergen, Olivier Dazat décrypte chacun de ses événements avec une écriture très technique censée amplifier le mythe. Dans une série de petits chapitre, l’écrivain s’appliquer à solidifier le mythe de Major Taylor, seul grand champion noir. Olivier Dazat a ses avis et ses convictions, il les livre sans langue de bois dans cet ouvrage. Il vénère Merckx, il s’applique à désacraliser certains mythe tel que le duel Anquetil-Poulidor dans le Puy de Dôme de façon très contestable.

Globalement, ce livre reste de bonne facture. Dans le même genre que « Forcenés » de Philippe Bordas, l’ouvrage est assez technique et littéraire et requiert un niveau plutôt avancé de connaissances pour pouvoir mieux l’apprécier. Cependant, nous pouvons regretter quelques imprécisions grossières tout au long du livre sur l’orthographe des coureurs. Ainsi peut-on lire « Jan Ulrich », « Mario Cippolini », ou encore le meilleur avec le fameux « Michael Bogaert » pour ne citer qu’eux…

 

Type : roman
Contenu : plaidoyer du cyclisme, de ses champions et de ses exploits
Public visé : spécialisé
Note : 7,5/10
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