Johan Museeuw, le Lion des Flandres

Avec le farouche Fiorenzo Magni et le rapide Eric Leman, le Flamand Johan Museeuw est le troisième coureur à avoir remporté le Tour des Flandres. Vainqueur pour la première fois en 1993, au sprint face à son compagnon d’échappée Frans Maassen, le Belge l’emportera de nouveau en 1995 et 1998 construisant ses succès par des démarrages foudroyants dans le Mur de Grammont et dans la côte de Tenbosse. Co-recordman du nombre de victoires dans le Ronde, le Lions des Flandres est souvent passé proche de détenir le record absolu de succès sur l’épreuve reine des Flandres. Second derrière Edwig Van Hooydonck en 1992, il est battu deux ans plus tard par Gianni Bugno au sprint pour seulement sept millimètres. En 1996, il termine encore sur le podium à la troisième marche. « Vainqueur moral » de l’épreuve, il fut victime de problèmes avec sa roue arrière à partir du Mur de Grammont qui anéantissait toutes ses chances de victoires. La malchance continue lors de la prochaine édition, puisqu’il se fait casser le nez par l’Italo-Suisse Bruno Boscardin. Enfin en 1999, il termine 3éme battu dans un sprint royal par Peter Van Petegem et Frank Vandenbroucke.

Dans les années 2000, il se montrera nettement moins tranchant dans les monts Flamands. Pour inaugurer le nouveau siècle, son ennemi Andrei Tchmil le surprend dans le Bosberg. Ce dernier est l’opposant historique du Lion des Flandres. Il a connu quatre nationalités durant sa carrière : Soviétique, Moldave, Ukrainien puis enfin Belge. Les deux coureurs se sont livrés de belles batailles durant les années 90. Un duel au sprint sur Paris-Roubaix en 1995 pour une place sur le podium a d’abord fait débuter cette rivalité qui allait voir les deux champions se disputer la suprématie nationale. Un duel qui s’achèvera en 2002 lorsque Tchmil met à terme sa carrière cycliste, neuf ans après les premiers conflits entre les deux hommes lors du mondial d’Oslo. Enfin quand en 2003, son rival Peter Van Petegem l’emportait suite à un démarrage dans Tenbosse, la roue venait définitivement de tourner.

Grand chasseur de classiques

Passé professionnel en 1988 au sein de l’équipe ADR, Johan Museeuw se fera d’abord connaitre durant des arrivées massives et lors de ses infructueuses conquêtes du maillot vert du classement par points sur le Tour de France. A trois reprises, il échoue à la seconde place. Reconverti en chasseur de classiques les années suivantes, ses qualités d’endurance et de résistance feront mouche comme l’atteste ses deux succès en Coupe du Monde en 1995 et 1996 et ses trois succès sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.

Le Belge connaitra la consécration en 1996, avec des succès de prestige : Paris-Roubaix marquée par le triplé de sa formation, la Coupe du Monde, le Championnat du Monde à Lugano remporté devant le chouchou du public Mauro Gianetti et le titre de Champion de Belgique qui vient compléter cette série impressionnante de succès. A la fin de saison, il récolte tous les lauriers et titres prestigieux dans une année dite de transition marquée par la chute de Miguel Indurain.

Décevant avec le maillot arc en ciel, il vit une année sans. Il renait entre mars et avril 1998 et semble au sommet de son art. Vainqueur en l’espace de quelques jours du Grand Prix d’Harelbeke, de la Flèche Brabançonne puis de Paris-Roubaix, le Lion des Flandres subit un grave accident sur Paris-Roubaix lors de la tranchée d’Arenberg et se fracture la rotule. Longtemps absent, il revient victorieusement en 2000 sur cette même épreuve portant sa rotule en triomphe. De nouveau le plus fort en 2001 sur la reine des classiques, il doit jouer le jeu d’équipes en faveur de son équipier Servais Knaven. Moins en verve lors des dernières années de sa carrière, il effectue une dernière grande saison en 2002, remportant un Paris-Roubaix dantesque suite à une offensive lointaine spectaculaire. Quelques semaines plus tard, il récidive sur la classique d’Hambourg, son dernier succès dans une classique Coupe du Monde. Il arrête sa carrière à la suite de Paris-Roubaix en 2004 qu’il termine à la cinquième place, victime d’un marquage trop serré avec Peter Van Petegem et d’une crevaison à quelques kilomètres de l’arrivée…

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2 commentaires pour Johan Museeuw, le Lion des Flandres

  1. DODE Bernard dit :

    Pour l’avoir suivi dans l’étape du Tour 89 (Gap -Orcières contre la montre) , souvenir video, j’ai fait la réflection à mon fils (11 ans) que ce coureur (coéquipier du futur vainqueur du Tour et du Championnat du Monde à Chambéry Greg LEMOND) était un coureur en devenir.
    Il nous l’a prouvé par la suite, un seul regret la façon dont s’est fini sa carrière.

  2. Michaël Labiouse dit :

    Museeuw est probablement un des plus grands champions de tous les temps, et certainement le meilleur coureur de classiques au monde dans les années 90. Quel palmarès, quel puissance, quelle force !!!!!!!! Chapeau bas

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