Portrait de Fausto Coppi

Il était le tout dernier Campionnissimo et le plus grand champion que le cyclisme Italien n’ait jamais connu. Repéré par Biagio Cavanna, masseur atteint de cécité, le jeune Fausto ne tarde pas à impressionner ses aînés. Rapidement, Gino Bartali, star Italienne de l’époque, le fait engager dans la prestigieuse formation Legnano d’Eberardo Pavesi en 1939. Très vite, il s’impose comme un potentiel rival de son propre leader comme en atteste sa victoire sur le Tour d’Italie 1940, dont il est toujours le plus jeune vainqueur de son histoire. La guerre va lui retirer des années précieuses de sa carrière, mais elle ne l’empêchera pas de devenir le nouveau recordman de l’heure sur le Vélodrome de Milan malgré les bombardements ennemis incessants. Coppi est par la suite envoyé sur le front Tunisien où il sera fait prisonnier des Anglais.

Par la suite, dans une Italie en ruine, son duel avec Gino Bartali divisera la nation en deux. Le Toscan remporte le premier Tour d’Italie de l’après guerre devant son grand rival. Les deux coureurs continueront de se marquer mutuellement les prochaines années, atteignant parfois le ridicule comme lors des championnats du monde 1950 à Moorslede. Tous deux, voulant voir son ennemi perdre, ils oublient le maillot arc-en-ciel qui sera la propriété d’Albéric Schotte. Mais il serait injuste de réduire ses champions à ces événements.

Décrié dans une Italie puritaine, pour ses relations extra conjugales avec la fameuse « Dame Blanche », Coppi était un révolutionnaire dans tous les domaines. Il emmène son sport dans une autre dimension, apportant des progrès en matière de diététique, d’entrainement et en s’entourant de précieux gregarii. Sa classe dans une course était telle, que de 1946 à 1954, il n’a jamais été repris par ses poursuivants lorsqu’ils s’échappaient. Sa domination outrageuse obligée les organisateurs à augmenter les prix pour la seconde place.  Ainsi, lors de Paris-Roubaix 1950, Mauricio Diot s’écrie à l’arrivée : « Je suis content d’avoir gagné. Bien sûr, je n’oublie pas Coppi mais il est hors concours ».

Son palmarès est éloquent, il affiche deux Tours de France, cinq Tours d’Italie, Paris-Roubaix, trois Milan-San Remo, cinq Tour de Lombardie, un championnat du monde ou encore quatre titres de champion d’Italie. Malheureusement, il décède prématurément à l’âge de 40 ans victime d’une maladie qu’il a contractée quelques semaines plus tôt en Afrique Noire.

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