La Trahison de Renaix

Rik Van Looy était certainement le plus grand chasseur de classiques de son époque. Comme tous champions dominant de façon trop franche l’opposition, Rik II, le successeur de Rik Van Steenbergen, a longtemps été l’homme à abattre dans les courses d’un jour. Chaque année au fil de ses succès, ses ennemis se sont faits de plus en plus nombreux. Pour se protéger de l’adversaire, Van Looy s’était entouré de la fameuse « Garde Rouge » de l’équipe Faema mené par le solide Flamand Edgard Sorgeloos. Rik Van Looy a réinventé la façon de courir les classiques. Epaulé par des équipiers totalement dévoués à sa cause, ses domestiques neutralisaient tous ses adversaires et lui préparaient le terrain idéal afin qu’il puisse passer à l’offensive. Rik II enchainait les succès mais sa domination n’était pas appréciée par tous. L’épisode le plus significatif pour représenter cette situation est le championnat du monde 1963.

A cette époque, Rik Van Looy avait gagné tout ce qui était possible dans les courses d’un jour, souvent plus d’une fois. A Renaix sur ses terres, dans un circuit peu sélectif, il espère triompher une troisième fois après 1960 et 1961. Mais Van Looy ignore le piège que lui tendent ses compatriotes mais rivaux secrets, Gilbert Desmet et Benoni Beheyt. La source de ce conflit date de Milan-San Remo 1958. Van Looy l’avait emporté grâce au formidable travail de ses équipiers. Mais Rik II n’avait pas eu la bonté de partager sa prime de victoire comme il l’avait promis. Plus tard, Gilbert Desmet s’était retrouvé à deux doigts de remporter le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, mais son leader l’en avait empêché. Furieux, Gilbert Desmet s’était juré de rendre la vie difficile à Rik Van Looy sur la route. A Renaix en 1963, il y parvenait. A l’approche du sprint final, Van Looy exhorte ses troupes en vue de l’arrivée massive. Benoni Beheyt lui fait comprendre qu’il est cuit et qu’il n’a plus les moyens de l’aider. Il reste donc dans la roue de Van Looy afin de le « protéger ». Gilbert Desmet est chargé d’emmener le sprint de Rik, mais il le piège en démarrant son sprint trop tôt et trop fort. Van Looy se retrouve donc isolé trop loin de l’arrivée et Benoni Beheyt en profite pour le déborder. Van Looy lui ferme la porte, mais Beheyt met sa main sur son leader pour l’écarter et se protéger. Beheyt devient champion du monde devant Van Looy. Ce dernier est humilié sur ses terres. Il proteste et porte réclamation pour faire déclasser son équipier. C’est peine perdue, le vrai fautif dans ce sprint est Van Looy et il aurait été déclassé si jamais il avait franchi la ligne en tête du propre aveu d’un commissaire de course.

On a intitulé ce championnat comme « la Trahison de Renaix ». Van Looy ne s’est jamais remis de cette défaite. Il n’a pas oublié et il utilisera toutes les combinaisons possibles pour dégoûter Benoni Beheyt du cyclisme. ce dernier met fin à sa carrière à l’âge de 25 ans !

Revoyez le sprint final ici

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3 réponses à La Trahison de Renaix

  1. Ping: LA CAMPAGNE A VELO (8) – L’heure des alliances « La Serviette de Genève

  2. Alain Caron dit :

    Je me rappelle de cette course comme si j’y était.J’avais 17 ans je ne connaissais pas le fin mot de l’histoire.J’avais seulement retenu que Van Looy avait tout fait pour pourrir la carrière de Beheyt!!

  3. joannes dit :

    herinnering : men zag duidelijk het gefrustreerd gelaat van Van Looy, ocharme, precies of het was het einde van de wereld !

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